Pistes pour publier une traduction

Grâce au soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’ASBL TraduQtiv a pu proposer – enfin – le 20 septembre 2021 un atelier en présentiel à la Maison des Auteurs.

Qui d’entre nous n’a jamais connu l’irrépressible envie de traduire un livre une fois la lecture de celui-ci achevée ?

Nous avons tous et toutes un jour été convaincus de la valeur d’un ouvrage et de l’importance de le faire découvrir à d’autres lecteurs. Mais comment y parvenir ? De quelle façon proposer la traduction d’un ouvrage à un éditeur ? Qui sont les acteurs de la chaîne du livre ? Quelles sont les règles d’or d’une bonne traduction ?

À l’occasion de cet atelier , Aurélie Bontout-Roche, responsable des traductions du groupe

Libella et active depuis 20 ans dans l’édition, nous a suggéré de nombreuses pistes pour nous aider à faire publier des traductions de qualité.

Panorama de la traduction littéraire

Le marché de la traduction littéraire en français est vaste et fragmenté. Un petit survol des chiffres de 2018 nous permet de détailler la situation. Sans surprise, l’anglais est de loin la langue la plus traduite (64 % de la production), suivie de loin par le japonais (14 %) et l’allemand (5,5 %). En ce qui concerne les genres, ce sont les romans, les bandes dessinées et le livre jeunesse qui se taillent la part du lion (les sciences humaines, en revanche, accusent un net recul).

Une question de droits

L’activité d’une maison d’édition s’inscrit avant tout dans un cadre juridique. Ainsi, une maison souhaitant publier la traduction d’un livre doit d’abord en acheter les droits (à la maison d’édition qui a publié l’original ou à l’agence qui se charge de la vente des droits de traduction pour tel pays ou tel marché). La traduction proprement dite fait ensuite l’objet d’un contrat avec le traducteur qui cède ainsi une partie de ses droits à l’éditeur. Après l’achat des droits, l’éditeur dispose en général d’un délai de deux ans pour publier la traduction. Chaque étape du processus de traduction et de publication correspond donc à une série de droits que les acteurs en présence doivent faire valoir et respecter.

Publication d’une traduction

° La chaîne du livre d’un titre étranger

L’éditeur et l’agent littéraire sont les deux interlocuteurs avec lesquels le traducteur s’entretiendra de son projet. Si la figure du premier est bien connue, le second l’est un peu moins. Dans le monde francophone, l’agent s’attache traditionnellement à négocier les droits et intérêts des auteurs (tandis que dans le monde anglo-saxon, il joue également le rôle d’un éditeur en conseillant les auteurs et en retravaillant leurs manuscrits). D’autres professionnels peuvent également intervenir : les sous-agents et les scouts, spécialisés dans un domaine linguistique et à l’affût des tendances sur un marché spécifique. Le traducteur désireux de faire découvrir une pépite littéraire peut également endosser le rôle de scout auprès d’un éditeur ou d’un agent en lui soumettant un dossier de présentation de l’œuvre originale. Celui-ci se composera d’un échantillon de traduction et d’une fiche de lecture, assortis d’un descriptif des points forts du titre et de son intérêt pour le public visé. Les chiffres de vente, l’existence éventuelle de traductions dans d’autres langues ou encore l’obtention de prix littéraires seront autant d’arguments positifs à mettre en avant.

° Les aides financières

Les subventions proposées par différentes organisations (telles que le CNL, les instituts culturels étrangers ou Europe Creative) ne sont pas à négliger et peuvent faire pencher la balance lors de la prise de décision. Toute maison d’édition est avant tout une entreprise ; il importe au traducteur de s’en souvenir et de s’informer quant aux diverses sources de financement possibles du projet. Outre le logement mis à disposition, les résidences de traducteurs offrent aussi parfois des bourses de traduction.

° Une traduction presque parfaite

Qu’est-ce qu’une bonne traduction ? Si la question est bien sûr inépuisable, voici tout de même, en cadeau pour nos lecteurs, quelques conseils d’Aurélie Bontout-Roche pour soumettre un texte de qualité (tant sur la forme que sur le fond) à un éditeur :

  • Ecrire avec musicalité et inventivité
  • Etre capable d’aller jusqu’à l’adaptation de l’œuvre originale, car chaque langue est une vision du monde
  • Veiller à la cohérence interne du document
  • Débusquer les calques, faux-amis et expressions idiomatiques
  • Vérifier les citations, les noms de personnages et de lieux, les unités de mesure…
  • Et surtout… privilégier le dialogue avec l’éditeur : être en mesure de justifier ses choix mais rester ouvert aux compromis !

Prêts à envoyer votre dossier de présentation à un éditeur ? Nous espérons que ce compte-rendu vous y aidera !

Compte-rendu :Laetitia Cordonnier

Cet article est soumis à la loi sur la reproduction. Autorisation à demander à traduqtiv@gmail.com

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